Suivant les régions, il porte de nombreuses appellations, "tesson", "taisson" et "tasson" pour les plus courantes, venues du latin taxo, qui désignait l'animal. Taxonaria, qui signifie en latin "terrier de blaireau" est à l'origine du mot "tanière". Le populaire terme "blair" est une abréviation qui désigne le flair et le long nez de l'animal. Plusieurs expressions donnent également des indications sur les mours de l'animal : "dormir comme un tesson", "gras comme un tesson" ou encore "suer comme un blaireau".
Souvent comparé à un petit ours, les zoologistes l'avaient classé parmi les ursidés et lui avaient attribué le nom scientifique "d'Ursus meles". On peut aisément comprendre que la ressemblance soit trompeuse, avec son allure proche du plantigrade, son corps massif et ses pattes munies de longues griffes. À cela s'ajoute d'autres analogies avec l'ours, comme le régime alimentaire, la dentition, ou encore une activité ralentie à la mauvaise saison.
En réalité, le blaireau est un omnivore appartenant à la famille des mustélidés, tout comme la loutre, la martre, la fouine, la belette, l'hermine, le vison d'Europe ou encore le putois. Le blaireau est d'ailleurs dans nos régions le plus grand représentant de cette famille.
Le dimorphisme sexuel est quasiment inexistant, si ce n'est que le mâle est en général un peu plus gros que la femelle. Il mue deux fois dans l'année, à la fin du printemps et au début de l'hiver. Animal nocturne, on peut toutefois l'apercevoir de temps à autre en pleine journée.
Pour ce qui est de l'estimation de l'âge, c'est un véritable " casse tête " pour les biologistes qui l'étudient. Deux méthodes sont utilisées : d 'abord l'étude de la première molaire supérieure et des incisives inférieures, ou alors l'étude des dents avec comptage des lignes d'accroissement du cément (tissu dur recouvrant l'ivoire des racines), pour en déterminer différentes classes d'âge.
• Mâle :
le blaireau
• Femelle :
la blairelle
• Jeune : le blaireautin ou blairotin
• Longueur :
68 à 80 cm
• Hauteur :
30 cm
• Poids : de 8 à 12 kg
• Longévité :
environ 12 ans
• Maturité sexuelle : vers 14 à 20 mois pour la femelle, 13 mois pour le mâle
• Blaireautin : indépendant entre 5 et 8 mois.
Le blaireau est habitant de toute l'Europe, sa répartition est vaste, elle s'étend de l'Atlantique à l'Oural (voir carte). En France, il est présent dans tous les départements sauf en Corse. On le trouve essentiellement dans les régions boisées et de bocage.
Le blaireau est classé en France dans les espèces chassables, il est cependant très rare, pour un chasseur à tir, de pouvoir en prélever, ses déplacements étant essentiellement nocturnes.
Contrairement à beaucoup d'idées reçues, le blaireau n'est pas classé parmi les nuisibles, et son statut de gibier interdit son piégeage. Il reste avec le renard, le gibier de prédilection pour la chasse sous terre. Actuellement, les trois facteurs de mortalité chez le blaireau sont : le déterrage (50%), les collisions de la route (35%) et le tir (15%).
Sa peau était recherchée pour son imperméabilité, sa résistance. Son cuir servait à confectionner des manchons, des chaussures, des revêtements pour les malles, ou des tapis. La bourrellerie employait son cuir pour garnir les harnais des chevaux.
La graisse était également transformée en savon et Jean-Baptiste Schweyer qui travaille depuis longtemps sur la relation homme-blaireau rappelle que certains l'employaient même pour cuire les frites ou pour huiler les engrenages des machines agricoles.
L'application du musc de la glande anale du blaireau sur le front des chevaux décolorait les poils, apparaissait alors une tâche blanche, d'où l'expression « cheval blair ».
Ses poils rudes sont bien sûr utilisés pour la confection de pinceaux à barbe portant son nom. On lui voue également des bienfaits médicaux : sa graisse comme remède contre les rhumatismes, les foulures, les entorses, la goutte, les crevasses.
Le blaireau est consommé dans de nombreuses régions de France, souvent servi en ragoût à la façon du mouton. Certains recommandent de le manger, à l'automne, période où il se nourrit essentiellement de fruits.
Le blaireau adapte son régime alimentaire par rapport aux saisons, il se nourrit en fonction de ce que lui offre la nature. Beaucoup plus cueilleur que chasseur, ses menus sont souvent composés de fruits, de racines, d'herbes, de céréales et de champignons, également de lombrics, larves, escargots, lapereaux, micro-mammifères. Si l'occasion se présente les reptiles, batraciens, nids de guêpes et oufs sont les bienvenus.
Des graisses sont ainsi accumulées, toute l'année, elles vont lui servir pendant le repos hivernal, qui est appelé " hivernage ", et non pas " hibernage ". En effet, contrairement une fois de plus à de fausses croyances, le blaireau n'hiberne pas comme l'ours, il hiverne : il reste à l'intérieur de son terrier et puise dans ces graisses accumulées à l'automne, il diminue ainsi ses sorties qui ne sont toutefois pas totalement interrompues.
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Dessins du crâne de blaireau longueur 12 à 13 cm, largeur 8cm.
Comme chez de nombreux mustélidés, la reproduction du blaireau est caractérisée par une particularité appelée ovo-implantation différée.
La femelle entre en oestrus après la mise bas (oestrus post partum), de janvier à mars, durant une période de 30 à 40 jours.
L'ouf fécondé restera sans se développer au stade de blastocyte libre.
Le développement du fotus dans l'utérus s'effectue ensuite en 2 mois, provoquant les naissances en février.
L'accouplement recommencera donc dans les jours qui suivent. Il n'y a qu'une seule portée constituée de 2 à 3 jeunes.
Le blaireau creuse toujours son terrier, parfois jusqu'à 5 mètres de profondeur, et toujours sur plusieurs étages. Les entrées en forme de gouttières appelées « gueules » sont vastes et nombreuses (environ une dizaine).
D'une année sur l'autre le terrier est réaménagé, l'animal charrie les matériaux inutiles vers l'extérieur du terrier. Quelques boyaux étroits et verticaux servent à l'aération de l'ensemble. Aux extrémités des galeries se trouvent des chambres garnies de litières, composées de tapis de mousse, de foin et de feuilles sèches. Ces chambres aménagées servent notamment à la mise bas.
Le blaireau vit donc confortablement, en petites communautés appelées clans.
Il n'est pas rare qu'une partie de son terrier soit annexée par d'autres animaux comme le renard, le lapin de garenne ou certains chats sauvages
Comparatif entre le terrier du renard et du blaireau :
| Le blaireau | Le renard |
| Jamais de restes alimentaires | Résidus de repas (plumes, cadavres) |
| Présence de feuilles et herbes sèches provenant des litières | Pas de traces de litière |
| Présence de gouttières (traces laissées lorsqu'il sort la terre à reculons) | Pas de gouttières |
| Pas d'odeur aux abords du terrier (c'est un animal très propre) | Odeur de renard tenace (surtout pendant le rut) |
| Présence de pots à proximité des gueules. | Présence de fientes à la sortie. |
| Présence de déblais (il sort souvent des cailloux en creusant) | Pas de déblais à l'entrée, il ne sort pas de cailloux en creusant. |
| Présence de coulées très marquées. | Pas de coulées aux abords du terrier |
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| Crotte de blaireau | Pattes antérieure et postérieure |
Le blaireau est un étonnant animal de compagnie, le blaireautin s'apprivoisant facilement. Il s'aventure régulièrement près des habitations et des potagers, afin de consommer fruits et légumes. On comprend donc facilement qu'il n'est pas toujours le bienvenu. Malgré tout, l'évolution des mentalités, lui reconnaît son aspect sympathique, en ne retenant de lui que son air placide et pacifiste. On peut finalement en conclure, que le blaireau est un animal qui n'est pas si simple que l'on aurait pu le croire. Il a été jugé trop hâtivement à travers les siècles, par l'espèce humaine, qui lui a attribué par ignorance, et à tort de nombreux comportements malfaisants. Ces propos calomnieux ne l'ont pas toujours servi, mais il est aujourd'hui réhabilité puisqu'il est reconnu comme gibier à part entière. C'est un animal sociable vis à vis de ses pairs, travailleur, protecteur, paternel, qui construit son foyer, il n'en écarte pas pour autant les « squatters » qui n'ont pas mis la main à la pâte
